Transition écologique : et si on passait à l’action ?

Transition écologique : et si on passait à l’action ?

Cela fait sans doute des années que vous entendez parler de la transition écologique en France. Face aux grands défis actuels du climat et de l’environnement, la transition écologique a pour objectif le développement durable de notre société et concerne des domaines aussi variés que les énergies renouvelables ou la préservation de la biodiversité. Quels sont exactement les enjeux de cette transition écologique et comment y contribuer au quotidien ?

La transition écologique, qu’est-ce que c’est ?

Le concept de transition écologique apparaît en 2005 avec Rob Hopkins dont vous connaissez peut-être le désormais fameux « Manuel de transition ». Cet enseignant en permaculture britannique lance à Totnes, en Angleterre, le mouvement international des villes en transition. En réaction au pic pétrolier et au dérèglement climatique, ces villes en transition mettent en place des solutions qui touchent tous les domaines de la vie quotidienne : monnaies locales, potagers collectifs, AMAP, alimentation en circuit court, covoiturage et autopartage, compostage et recyclage

Vous l’aurez compris, la transition écologique consiste en un changement de modèle économique et social basé sur le développement durable. Son but est de répondre aux grands enjeux écologiques du XXIe siècle : réchauffement climatique dû aux gaz à effet de serre, pollution atmosphérique, raréfaction de ressources naturelles comme le pétrole, diminution de la biodiversité… Et la transition écologique peut aussi être une opportunité de relancer la croissance de notre économie par la création d’emplois dans des secteurs nouveaux, ceux de l’économie verte.

Quels sont les objectifs de la transition écologique ?

Dès 2012, la France commence une série de tables rondes et de commissions citoyennes sur le thème de la transition écologique. Elles permettent de mettre en place une stratégie et donnent lieu à plusieurs lois au fil des années. C’est en 2015 que la France promulgue sa « Loi sur la transition écologique pour la croissance verte », avec 9 objectifs chiffrés à atteindre à des dates précises.

Ces objectifs visent la réduction des gaz à effet de serre, de la consommation énergétique, du nucléaire, de la pollution, ainsi que la création d’un parc immobilier aux normes BBS (bâtiment basse consommation)… En 2017, on constate que la transition écologique devient un enjeu majeur. En effet, le « Ministère de l’Écologie » devient le « Ministère de la Transition Écologique et Solidaire ».

Concrètement, la transition écologique nécessite de transformer profondément notre société et de mettre en place de nombreux chantiers dans différents domaines dépendants les uns des autres :

  • L’alimentation : remplacement de l’agriculture industrielle par une agriculture biologique et paysanne ;
  • L’énergie : diminution de notre consommation d’énergie et remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique…), lutte contre la précarité énergétique par la rénovation thermique du parc immobilier existant ;
  • La consommation : lutte contre l’obsolescence programmée, diminution de notre consommation grâce aux réparations ou au recyclage, relocalisation de nos achats, partage ou location plutôt qu’achat de certains matériels ;
  • La préservation de la biodiversité : lutte contre le déclin actuel de la biodiversité ;
  • L’urbanisme : modification de notre aménagement du territoire et de nos habitats ;
  • Les transports : diminution des transports individuels grâce au covoiturage, à l’auto partage, aux transports en commun, au télétravail.

Comment agir au quotidien pour contribuer à la transition écologique ?

Face à l’immensité de la tâche à accomplir, vous vous demandez sans doute : « Et moi, qu’est-ce que je peux faire à mon petit niveau pour participer à la transition écologique ? ». Pas de panique ! Vous pouvez faire tout un tas de petits gestes qui, mis bout à bout, commencent à compter en matière de transition écologique. On vous donne quelques idées :

1. Je mange bio 

Manger bio, c’est bon pour votre santé. Fini les pesticides et les OGM dans votre assiette ! Et l’agriculture bio protège aussi les sols et favorise la biodiversité.

2. Je mange local

Manger local soutient l’activité des producteurs autour de chez vous et vos aliments ne font plus le tour de la planète avant d’arriver dans votre assiette.

3. Je mange de saison

On mange au maximum de saison. Donc on oublie les fraises et les tomates en hiver si on ne veut pas plomber son bilan carbone. Elles ont souvent poussé sous serre avec du chauffage et beaucoup voyagé. On peut quand même continuer à consommer quelques produits exotiques (chocolat, café, bananes…).

4. Je passe au flexitarisme 

Consommer moins de viande et de poisson est bon pour votre santé. On en mange généralement trop par rapport à notre activité physique. En devenant flexitarien, on évite que des tonnes d’eau et d’aliments servent à nourrir du bétail plutôt que des humains.

5. J’achète zéro déchet

Diminuer notre utilisation d’emballages, en achetant en vrac par exemple, permet de limiter le recyclage. Car le recyclage , même s’il est écologique, a tout de même un coût pour la collectivité.

6. Je produis mon énergie

Installer des panneaux solaires dans votre maison peut faire baisser vos factures énergétiques de manière conséquente grâce à une énergie durable.

7. J’installe des toilettes sèches

Si vous aussi vous êtes choqué par l’utilisation d’eau potable pour évacuer vos excréments alors que certaines populations dans le monde manquent d’eau, vous pouvez passer aux toilettes sèches. Leur mise en œuvre est très simple et la contrainte de les vider régulièrement assez minime par rapport à l’économie d’eau réalisée.

8. J’éteins mes appareils électriques 

Éteindre ses appareils électriques représente une économie substantielle par rapport à une simple mise en veille. En effet, en veille, nos appareils consomment de l’électricité pour rien.

9. J’utilise des ampoules basse consommation 

On achète des ampoules fluocompactes ou à LED, qui consomment moins que les ampoules classiques et qui durent plus longtemps.

10. Je limite la température dans ma maison 

Limiter la température dans votre maison d’un ou deux degrés vous fera réaliser des économies non négligeables. On règle son thermostat sur 18 °C l’hiver et si on a froid, on met un pull. 😊

11. Je répare mes appareils 

Avant de jeter ses appareils défectueux, on essaie de les faire réparer dans un Repair Café. Cela évite de jeter de nombreux appareils qui peuvent encore fonctionner.

12. Je loue certains appareils 

On a tous des appareils qui nous servent une fois par an et qui dorment au fond d’un placard ou d’un garage. Alors on loue les appareils dont on se sert peu (perceuse, tronçonneuse…).

13. Je renonce aux produits jetables 

On oublie les lingettes jetables qui ne sont pas recyclables et on trouve une alternative lavable. Par exemple une éponge que l’on peut même fabriquer soi-même.

14. Je recycle 

On peut quasiment tout recycler dans sa maison (papier, bois, plastique, métal, piles, ampoules, appareils électriques…). Il suffit d’utiliser les bacs de collecte et d’aller de temps en temps à la déchetterie.

15. Je composte 

Je mets dans mon composteur tout ce qui peut se décomposer. Cela représente un volume important de déchets qui ne devront pas être traités par votre collectivité.

16. Je donne 

On donne les objets ou vêtements encore utilisables à des associations, sur des sites internet ou sur des groupes sur les réseaux sociaux.

Voilà un petit aperçu des actions que vous pouvez réaliser au quotidien pour participer activement à la transition écologique et œuvrer pour le climat et l’environnement. Tous ces petits gestes cumulés peuvent faire la différence si nous sommes nombreux à les mettre en pratique. Et en matière de développement durable, chacun de nous peut contribuer en consommant moins ou autrement. Et vous, qu’est-ce que vous faites pour la planète ?

Les questions de Nousagi : 

Avez-vous adopté certains des gestes cités ci-dessus ? La transition écologique vous tient elle à coeur ? 

Le flexitarisme est-il l’avenir de notre assiette ?

Le flexitarisme est-il l’avenir de notre assiette ?

Vous avez sans doute entendu parler dernièrement d’un nouveau régime alimentaire tendance : le flexitarisme. Ce mode d’alimentation questionne notre manière de nous nourrir et en particulier notre consommation de viande. Alors, être flexitarien, c’est bon pour la santé ? Et quels sont les avantages pour la planète à manger moins de protéines animales ? On fait le point.

Le flexitarisme, qu’est-ce que c’est ?

Le flexitarisme est un régime alimentaire où l’on consomme occasionnellement de la viande ou du poisson. Le flexitarien a généralement fortement réduit sa consommation de produits animaux (viandes, poissons, œufs, crustacés…), mais en mange de temps en temps, par exemple lorsqu’il est invité chez des amis ou au restaurant. Cette pratique naît aux États-Unis dans les années 90. Des journalistes commencent alors à alerter l’opinion publique sur les conditions de vie très difficiles des animaux dans certains élevages intensifs, ainsi que sur les gaz à effet de serre dégagés en masse par les bovins. 

Concrètement, les flexitariens mangent une à deux fois par semaine de la viande en privilégiant les volailles et une à deux fois par semaine du poisson. Dans les faits, le flexitarisme existe depuis longtemps dans certaines régions du monde, comme en Crète. Vous avez sans doute déjà entendu parler du  « régime crétois », qui favorise une grande consommation de fruits et légumes et une faible consommation de viande et de poisson. La Crète compte un nombre important de centenaires, preuve que ce mode d’alimentation est bénéfique pour la santé.

Les différents régimes alimentaires existants :

  • Omnivorisme : l’omnivore mange tous les types d’aliments.
  • Flexitarisme : le flexitarien réduit sa consommation de viande et de poisson.
  • Végétarisme : le végétarien ne mange ni viande, ni poisson, ni œufs.
  • Végétalisme : le végétalien ne consomme aucun produit animal, y compris les produits laitiers et le miel.
  • Véganisme : le végan ne mange aucun aliment d’origine animale et n’achète aucun produit issu d’un animal (laine, cuir…) ou testé sur les animaux (cosmétiques…).

Le flexitarisme, c’est bon pour la santé !

Face aux scandales alimentaires dont vous vous souvenez tous, comme la vache folle ou les lasagnes à la viande de cheval, le flexitarisme connaît actuellement un certain succès. Adopter un régime flexitarien ne peut qu’être bénéfique pour votre santé car nous mangeons en général trop de protéines animales par rapport à nos besoins physiques réels. Notre mode de vie est de plus en plus sédentaire et la plupart d’entre nous travaillent dans des bureaux, assis toute la journée devant un ordinateur.

Il est donc opportun de remplacer certaines protéines animales par des protéines végétales comme les légumineuses. Ces légumes secs reviennent en force dans nos assiettes : lentilles, pois chiches, haricots secs, soja, fèves, pois cassés… Légumineuses et céréales combinées vous apportent tous les acides aminés dont votre corps a besoin et qui sont contenus dans la viande. Et associer légumineuses et céréales vous permet d’assimiler bien plus les protéines que si vous mangiez ces deux aliments séparément.

Par ailleurs, une consommation élevée de viande augmente les risques de cancer du système digestif, notamment du côlon. Le flexitarisme aide également à prévenir les maladies cardio-vasculaires et l’obésité. Le flexitarisme, c’est donc bon pour votre santé, mais aussi pour votre porte-monnaie, vu le coût désormais élevé de la viande et du poisson. Et diminuer votre budget protéines animales vous permettra d’acheter une nourriture de meilleure qualité.

 

Le flexitarisme, c’est bon pour la planète !

Derrière le flexitarisme se cache également une préoccupation écologique. On a maintenant conscience que l’élevage du bétail qui sert à produire la viande que l’on consomme est assez nocif pour l’environnement, notamment celui des gros animaux comme les bovins. En effet, les vaches rejettent énormément de méthane dans l’air, ce qui conduit à augmenter l’effet de serre.

Chaque vache produit plusieurs centaines de litres de méthane par jour… Ce bétail doit aussi être abreuvé et nécessite de grandes quantités d’eau qui ne pourront être utilisées par des humains. Les élevages sont également montrés du doigt pour leurs rejets d’azote issus des déjections de leurs animaux dans les mers et les cours d’eau. L’élevage des bovins impose aussi de cultiver de nombreuses céréales et légumineuses qui ne pourront pas servir à l’alimentation humaine.

Enfin, s’occuper d’un troupeau nécessite du carburant pour cultiver leurs aliments et gérer le bétail au quotidien. Donc si nous sommes nombreux à passer au flexitarisme, nous pourrons aider à limiter les gaz à effet de serre et par conséquent le réchauffement climatique. Nous réaliserons de grosses économies d’eau et de carburant et nous diminuerons les rejets d’azote qui abîment le milieu naturel comme en témoigne le phénomène des algues vertes près des grands élevages porcins.

Si vous aussi vous aspirez à une meilleure santé et à une consommation plus responsable, vous pouvez commencer à diminuer la proportion de viande dans votre alimentation et remplacer le bœuf, le porc et le mouton par de la volaille, celle-ci ayant un impact moindre sur l’environnement. Même sans vous priver complètement de protéines animales, devenir flexitarien est un premier geste utile pour la planète.

Pas besoin de modifier totalement votre régime alimentaire. Il vous suffit de repenser légèrement votre alimentation et de manger un peu différemment. À vous les céréales associées aux légumineuses, les légumes cuits ou crus et les fruits… Et quelques produits animaux. Le flexitarisme, c’est bon pour la santé et c’est bon pour la planète !

 

Les questions de Nousagi : 

Connaissais-tu le flexitarisme ? Qu’est-ce qui t’as poussé à adapter ta consommation alimentaire ?